Campagne de Nettoyage 2010

 

NETTOYAGE DU MEANDRE DE LA CHAUVE-SOURIS

Toussaint 2010


Participants : Nath Duverlie (Vulcaine), Fred Meignin, Michel Souverville, Philippe De La Tullaye.

De nombreux spéléologues ont utilisé, et continue à utiliser la lampe à acétylène pour s’éclairer. Ce type d’éclairage présente de nombreux avantages (source de chaleur, autonomie, bonne lumière d’ambiance, faible coût…). La combustion complète de l’acétylène fournit une flamme blanche, lumineuse et la réaction produit de l’eau et du dioxyde de carbone. Mais si cette combustion est incomplète, la lampe «charbonne» : elle dégage du carbone sous la forme de fumée noire. Cela présente un inconvénient important, qui est de noircir les parois des cavités.


Même si l’éclairage électrique se généralise, les traces de carbone ne s’effacent pas seules. Le nettoyage est nécessaire pour les faire disparaître.

Premiers essais dans la grotte de Jujurieux (Ain) :

La grotte de Jujurieux est une cavité d’initiation proche de Lyon. C’est ici que de nombreux spéléos ont fait leurs premiers pas sous terre. Cela engendre donc une fréquentation importante. Régulièrement, la cavité est nettoyée des déchets oubliés ou laissés volontairement. Mais rien n’avait été fait contre les traces de carbone.

A l’initiative de Fred Meignin, une campagne de nettoyage a été mise en place. Au niveau du matériel, des pulvérisateurs et de l’eau sont utilisés, en plus de brosses. Le noir de carbone est récupéré.

Les essais étant concluant dans la grotte de Jujurieux, Fred a décidé de renouveler l’expérience dans l’aven de Noël.

Méandre de la Chauve-Souris, dans l’aven de Noël :

L’aven de Noël est découvert le 25 décembre 1989. Etant donné les richesses de cette cavité, l’association ARSPAN (Association de Recherches Spéléologiques et de Protection de l'Aven de Noël) est créée, afin de la conserver en l’état.

L'accès y est donc réglementé et soumis à l'accord préalable de l'association. Un cheminement balisé a notamment été mis en place dans les galeries afin que les visiteurs n'écrasent pas les micro-formations qui jonchent le sol. C’est ainsi que les spéléos viennent en majorité pour le plaisir des yeux. En plus des concrétions et des galeries, on vient à l’aven de Noël pour le méandre de la chauve-souris calcifiée.

Nombreux sont les spéléos qui s’attardent dans cette galerie, à faire des photos et même à toucher le squelette de la bête. Le souci est que l’utilisation de l’éclairage à l’acétylène s’est poursuivie pendant de nombreuses années.

Au fil des années, les parois du méandre se sont donc recouvertes d’une épaisse couche de noir de carbone. La chauve-souris est souillée par de la glaise, laissée par les doigts des curieux.

L’ARSPAN a décidé de procéder au nettoyage du méandre. Nous avons utilisé le matériel que pour la grotte de Jujurieux : un pulvérisateur avec de l’eau. En général, le simple fait de faire couler de l’eau a permis de retirer ce dépôt. Dans les zones où le noir était plus incrusté, nous avons utilisé une brosse.

Arrivée sur site

Matériel de nettoyage : un pulvérisateur de jardin et de l'eau

Les spéléos ont longtemps utilisé la lampe à acétylène, pour l'éclairage. Mais une mauvaise combustion produit du carbone. Celui-ci se dépose ensuite sur les parois.


L'essai sur cette paroi souillée est concluant.

Avec simplement le pulvérisateur et l'eau, le nettoyage est efficace.

Michel Souverville s'y met.


Mais aussi Fred Mignon qui doit frotter avec la brosse.

Le travail avance doucement, mais sûrement.


A gauche : avant le nettoyage. A droite : la paroi nettoyée.


Fred termine les derniers détails.

Après quelques heures de travail, les parois ont retrouvé leur couleur d’origine et la chauve-souris sa blancheur.

La chauve-souris a retrouvé son éclat d'origine.


Cette opération a permis de montrer qu’il était très facile de retirer les traces laissées par l’utilisation des lampes à acétylène. Le nettoyage d’autres cavités est donc à envisager.


Article et clichés de Nathalie Duverlie